Le Vin du solitaire
Les Fleurs du mal (1861)
CVIILE VIN DU SOLITAIRE
Le regard singulier d’une femme galanteQui se glisse vers nous comme le rayon blancQue la lune onduleuse envoie au lac tremblant,Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante ;Le dernier sac d’écus dans les doigts d’un joueur ;Un baiser libertin de la maigre Adeline ;Les sons d’une musique énervante et câline,Semblable au cri lointain de l’humaine douleur,
Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,Les baumes pénétrants que ta panse fécondeGarde au cœur altéré du poëte pieux ;Tu lui verses l’espoir, la jeunesse et la vie,— Et l’orgueil, ce trésor de toute gueuserie,Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux !
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