Tristesses de la lune
Les Fleurs du mal (1861)
LXVTRISTESSES DE LA LUNE
Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,Qui d’une main distraite et légère caresseAvant de s’endormir le contour de ses seins,Sur le dos satiné des molles avalanches,Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,Et promène ses yeux sur les visions blanchesQui montent dans l’azur comme des floraisons.
Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,Elle laisse filer une larme furtive,Un poëte pieux, ennemi du sommeil,Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.
Comments
Loading comments…