Horreur sympathique

Les Fleurs du mal — 1868

LXXXIVHORREUR SYMPATHIQUE

« De ce ciel bizarre et livide,Tourmenté comme ton destin,Quels pensers dans ton âme videDescendent ? — Réponds, libertin. »— Insatiablement avideDe l’obscur et de l’incertain,Je ne geindrai pas comme OvideChassé du paradis latin.Cieux déchirés comme des grèves,En vous se mire mon orgueil !Vos vastes nuages en deuilSont les corbillards de mes rêves,Et vos lueurs sont le refletDe l’Enfer où mon cœur se plaît !

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