L’Aube spirituelle

Les Fleurs du mal — 1868

XLVIIL’AUBE SPIRITUELLE

Quand chez les débauchés l’aube blanche et vermeilleEntre en société de l’Idéal rongeur,Par l’opération d’un mystère vengeurDans la brute assoupie un Ange se réveille.Des Cieux Spirituels l’inaccessible azur,Pour l’homme terrassé qui rêve encore et souffre,S’ouvre et s’enfonce avec l’attirance du gouffre.Ainsi, chère Déesse, Être lucide et pur,Sur les débris fumeux des stupides orgiesTon souvenir plus clair, plus rose, plus charmant,À mes yeux agrandis voltige incessamment.Le soleil a noirci la flamme des bougies ;Ainsi, toujours vainqueur, ton fantôme est pareil,Âme resplendissante, à l’immortel Soleil !

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