Le Revenant
Les Fleurs du mal — 1868
LXVLE REVENANT
Comme les anges à l’œil fauve,Je reviendrai dans ton alcôveEt vers toi glisserai sans bruitAvec les ombres de la nuit ;Et je te donnerai, ma brune,Des baisers froids comme la luneEt des caresses de serpentAutour d’une fosse rampant.Quand viendra le matin livide,Tu trouveras ma place vide,Où jusqu’au soir il fera froid.Comme d’autres par la tendresse,Sur ta vie et sur ta jeunesse,Moi, je veux régner par l’effroi !
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