Le Songe
Le Parnasse contemporain — 1866
Emporté ce matin par un dernier sommeil,Je guidais, dans mon rêve, un quadrige en ivoire ;Ce char resplendissant trouble encore ma mémoire,Avec ses chevaux blonds, tels que ceux du soleil.
Au Dieu qui fait le jour je me trouvais pareil :Tous les crins rayonnaient pour m’aider à le croire,Et, voltigeant vers moi, m’entouraient d’une gloire ;Mais soudain un baiser m’a conduit au réveil.
Où suis-je ? Entre tes bras, maîtresse blanche et blonde,Sur l’éclat de ton sein ma tête vagabonde,Tes cheveux rutilants éblouissent mes yeux.
Amour, n’insultons plus à la vertu des songes ;L’aimable Vérité se prête à leurs mensonges,Mon rêve eut bien raison de m’égaler aux dieux.
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