À une chatte

Le Coffret de santal

Chatte blanche, chatte sans tache,Je te demande, dans ces vers,Quel secret dort dans tes yeux verts,Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu nous lorgnes, pensant tout basQue nos fronts pâles, que nos lèvresDéteintes en de folles fièvres,Que nos yeux creux ne valent pas

Ton museau que ton nez termine,Rose comme un bouton de sein,Tes oreilles dont le dessinCouronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité ?Aurais-tu la clé des problèmesQui nous font, frissonnants et blêmes,Passer le printemps et l’été ?

Devant la mort qui nous menace,Chats et gens, ton flair, plus subtilQue notre savoir, te dit-ilOù va la beauté qui s’efface,

Où va la pensée, où s’en vontLes défuntes splendeurs charnelles ?…Chatte, détourne tes prunelles ;J’y trouve trop de noir au fond.

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