Scherzo

Le Coffret de santal

Sourires, fleurs, baisers, essences,Après de si fades ennuis,Après de si ternes absences,Parfumez le vent de mes nuits !

Illuminez ma fantaisie,Jonchez mon chemin idéal,Et versez-moi votre ambroisie,Longs regards, lys, lèvres, santal !

Car j’ignore l’amour caduqueEt le dessillement des yeux,Puisqu’encor sur ta blanche nuqueL’or flamboie en flocons soyeux.

Et cependant, ma fière amie,Il y a longtemps, n’est-ce pas ?Qu’un matin tu t’es endormie,Lasse d’amour, entre mes bras.

Ce ne sont pas choses charnellesQui font ton attrait non pareil,Qui conservent à tes prunellesCes mêmes rayons de soleil.

Car les choses charnelles meurent,Ou se fanent à l’air réel,Mais toujours tes beautés demeurentDans leur nimbe immatériel.

Ce n’est plus l’heure des tendressesJalouses, ni des faux serments.

Ne me dis rien de mes maîtresses,Je ne compte pas tes amants.

À toi, comète vagabondeSouvent attardée en chemin,Laissant ta chevelure blondeFlotter dans l’éther surhumain,

Qu’importent quelques astres pâlesAu ciel troublé de ma raison,Quand tu viens à longs intervallesEnvelopper mon horizon ?

Je ne veux pas savoir quels pôlesTa folle orbite a dépassés,Tends-moi tes seins et tes épaules ;Que je les baise, c’est assez.

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