Souvenir d’avril
Le Coffret de santal
Le rythme argentin de ta voixDans mes rêves gazouille et tinte,Chant d’oiseau, bruit de source au bois,Qui réveillent ma joie éteinte.
Mais les bois n’ont pas de frissons,Ni les harpes éoliennes,Qui soient si doux que tes chansons,Que tes chansons tyroliennes.
Parfois le vent m’apporte encorL’odeur de ta blonde crinière,Et je revois tout le décorD’une folle nuit printanière ;
D’une des nuits, où tes baisersS’entremêlaient d’historiettes,Pendant que de tes doigts rosésTu te roulais des cigarettes ;
Où ton babil, tes mouvementsPrenaient l’étrange caractèreD’inquiétants miaulements,De mordillements de panthère.
Puis tu livrais tes trésors blancsAvec des poses languissantes…Le frisson emperlait tes flancsÉmus des voluptés récentes.
Ainsi ton image me suit,Réconfort aux heures glacées,
Sereine étoile de la nuitOù dorment mes splendeurs passées.
Ainsi, dans les pays fictifsOù mon âme erre vagabonde,Les fonds noirs de cyprès et d’ifs,S’égayent de ta beauté blonde.
Et, dans l’écrin du souvenirPrécieusement enfermée,Perle que rien ne peut ternir,Tu demeures la plus aimée.
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