Transition

Le Coffret de santal

Pas encor le printemps, mais ce n’est plus l’hiver.Votre âme, ô ma charmante, a ces heures mêlées.Les branches noires sont pleines d’un brouillard vert.Les mots méchants et les paroles désolées,Sur vos lèvres, bouton d’églantine entr’ouvert,Cessent à mes baisers. Ainsi les gibouléesFondent, et le gazon s’émaille à découvert.

Votre moue est changée en rire à mes baisers,Comme la neige fond, pâle retardataire,Aux triomphants rayons du soleil. Apaisés,Vos yeux, qui me jetaient des regards de panthère,Sont bien doux maintenant. Chère, vous vous taisezComme le vent neigeux et froid vient de se taire.Votre joue et le soir sont tièdes et rosés.

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