Trop petits

Sonnets

Las d’avoir si longtemps et durement pâtiPour construire, à grands blocs, les hautes pyramides,Les esclaves fellahs, les prisonniers numidesVoulaient briser parfois ce qu’ils avaient bâti.

Mais la pierre est trop rude, et l’homme trop petit !Contre les sombres murs, près des grèves humides,Ils avaient beau jeter leurs insultes timides :Le colosse dormait et n’avait rien senti.

Tels, pris à tout jamais d’une angoisse profonde,Nous, les hommes, épars sur les croupes du monde,Nous avons blasphémé, crié, haï, tué ;

Excitant, contre Dieu, nos forces épuisées,En labeurs éternels nous les avons usées,— Et l’immense infini n’en a pas remué !

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