À Théodore Botrel
Les Étoiles filantes
Hommage de la jeunesse canadienne.
Barde sublime et fier que la grâce accompagne,Nous t’aimons pour l’honneur de la vieille Bretagne,Pour le rayonnement de son nom vénéréQue tu vas répandant partout, de grève en grève ;Nous t’aimons pour la gloire immense de ton rêveÉpris d’un Idéal à tout jamais sacré !
Le héros dans tes chants retrempe son courage ;La veuve, en te lisant, n’achève pas la pageOù vibrent des frissons, des cris et des sanglots ;La tendre fiancée à qui ta lyre versePlus d’amour, te bénit ; et le pêcheur se berceAu rythme de tes vers comme au roulis des flots.
Quand tu nous parleras des menhirs et des chênes,Les souvenirs troublés des visions lointainesQui portent du granit l’inaltérable sceau,À nos yeux surgiront, par delà les années…Rends-nous en gerbes d’or toutes nos fleurs fanées !Chante ! car nous voulons revoir notre berceau !
Chante ! Nous entendons les sons confus et vaguesDes bardes d’autrefois, par la plainte des vaguesRedits à l’infini… Qui de nous, sans frémir,Dans le tourment des jours évoquant son enfance,Reconnaîtrait soudain la naïve romanceQu’on fredonnait tout bas, le soir, pour l’endormir ?
Réveille longuement notre écho monotoneAux accords variés de la chanson bretonne ;Et quand, malgré les cœurs qui te veulent ici,Tu reverras Port Blanc, si le marin sans crainte,Le pauvre paysan ou la fileuse sainteT’interrogent sur nous, répète-leur ceci :
Chevaliers défenseurs des causes éternelles,Nous sommes, comme vous, obstinés et fidèles ;Le drapeau de Montcalm, un jour, nous dit adieu,Mais nous restons Français, en dépit des conquêtes,Ô Bretons ! qui, malgré le siècle et ses tempêtes,Aimez encor le Ciel et croyez au bon Dieu !
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