Autres balades — V
Les biens mondains et tous leurs accessoiresChascun voit bien qu’ilz sont vains et fallibles,Si sommes folz quant pour les transitoiresChoses, laissons les joyes infalliblesQue Dieux donne aux innocens paisiblesQui n’ont nul soing de tresor acquérir ;Mais pour prisier pou choses corruptiblesAvisons nous qu’il nous convient morir.
Qu’est il des grans, dont on lit es hystoires,Qui portèrent les fais griefz et peniblesPour avoir loz, grans honneurs et vittoires ?Ne sont ilz mors et a noz yeulx visibles ?Ne veons nous, soient choses sensiblesOu non, faillir toute riens ? fault porrir ;Si n’ayons foy en choses impossibles,Avisons nous qu’il nous convient morir.
Et pour les biens qui ne valent deux poiresPour nous sauver, ains souvent sont nuisibles,Ne perdons Dieu, disans choses non voires,
Pour accomplir péchiez laiz et orriblesEt pour deliz vains, laiz et non loisibles ;Car Dieu scet tout : on ne lui puet couvrir ;Pour eschiver ses vengences terriblesAvisons nous qu’il nous convient morir.
Princes et clers d’entendemens sensibles,Ne vueillons pas par noz meffais perir,A nous sauver soions tous entendibles,Avisons nous qu’il nous convient morir.
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