Autres balades — XLI
Merveilles est et seroit fort a croireEs estranges contrées qu’il peust estre,Qu’en ce pays, qui de longue memoireEst renommé en honnour sur tout estre.Que vérité, depuis le greigneur maistreJusqu’au petit, si a paine trouvéeFust comme elle est, c’est bien chose senestreQu’en France soit si mençonge eslevée.
Mais de parler bel n’y voit on recroireLes principaulx, et pour faire gens paistreGrans promesses, dont l’atente n’est voire,Ne leur coustent riens, mais qui s’en empestreSe puet de vent comme pluvier repaistre ;Car long effait en yst, chose est prouvée,Cest lait renom n’aquiert se noble en estreQu’en France soit si mençonge eslevée.
Et quant a moy, pour ce que si nottoireMençonge voy, il n’est chose terrestreQu’on me die, quiconques la m’avoire,Ne promesce jurée de main destre,Que je croye se le voy ne voy n’estre ;Car pou y truys fors que fraude esprouvée,Et c’est pitié, par le hault Dieu celestre,Qu’en France soit si mençonge eslevée.
Ha ! haulx princes, pour Dieu ne vous adresceVice si lait, c’est chose reprouvée ;Sy déboutés tout homme qui empêtreQu’en France soit si mençonge eslevée.
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