S’il vous plaisait d’être mon amante

L’Ardent voyage

S’il vous plaisait d’être mon amante,Nous partirions pour Pont-Saint-EspritOù je connais une heure charmante.Le chèvrefeuil grimpant la fleuritEt le rosier avec la glycine.Une fontaine en pleurant sourit.Dans cette eau claire un figuier dessineQuelques rameaux chargés de fruits mûrsEt sainement baigne sa racine.

Non loin, le Rhône aux remous obscursLèche la roche, élude les diguesEt de la tour asperge les murs.Je cueillerais des fleurs et des figues :Et nous irions, sans croire au danger,Jouer ensemble aux gens qui naviguent.Nous choisirions un bateau léger ;Mais, n’ayant pas telle expérienceQu’il sied d’avoir pour le diriger,Nous laisserions, sur le flot qui danse,L’esquif sans voile et sans avironSe gouverner à sa convenanceVers Roquemaure et vers Avignon.

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