Saint-Chamas

L’Ardent voyage

Saint-Chamas.

Bordant l’étang sacré, les figuiers lourds de figuesReluisent encor sous l’embrun.Un air chaud continue à porter le parfumDes fleurs salines des Martigues.Assise sur un tertre où s’endort peu à peuL’hosanna rauque des cigales,Vous contemplez le ciel où d’obscures vestalesVeillent devant un astre bleu.

Mon amie, à vos pieds une chèvre se coucheQui vous choisit comme berger ;Et par instants la phalène vient voltigerDans l’haleine de votre bouche.De l’île de roseaux à la lande de buis,De la calanque à la terrasse,Votre pays jamais n’a montré tant de grâceÀ l’heure où vont naître les nuits.Mais ce qu’ont de plus grand, de plus beau, de plus tendreLe site et l’automne et le soir,Ce sont votre regard capable de les voirEt votre âme de les comprendre.

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