Texte entier
Élégies imitées de Milady Montague
Le cœur gros de soupirs, les yeux noyés de larmes,Et repoussant loin d’elle un miroir renversé ;Bélinde déplorait la perte de ses charmes,Et la fin d’un printems à peine commencé.
Dieux ! que je suis changée ! un mal impitoyableA converti mon corps en un spectre effroyable.Qu’est devenu ce teint si brillant de fraîcheur,Cet éclat de jeunesse, hélas ! si peu durable,Et ces lèvres de rose, et leur sourire aimable ?…Tout s’est évanoui : j’ai rêvé le bonheur.
Pourquoi ne plus me rendre, ô miroir infidèle,Ces traits divins, ces traits qui faisaient mon orgueil ?Vœux superflus ! Bélinde a cessé d’être belle ;Pour elle désormais la vie est un long deuil.Ils sont passés les jours où l’heureuse BélindeVoyait avec dédain de nombreux courtisans,Déposer à ses pieds les filles du printemps,Les vases du Japon, et les trésors du Pinde,Plus de beauté, plus de présens.
Dans l’espoir d’obtenir un coup d’œil au passage,Le ministre quittait brusquement le conseil ;Le lord fuyait la cour, pour m’offrir son hommage ;Le marquis attendoit l’heure de mon réveil ;
Comments
Loading comments…