Rhythme des vagues
RYTHME DES VAGUES
à luigi gualdo
J’étais assis devant la mer, sur le galet.Sous un ciel clair les flots, d’un azur violet,Après s’être gonflés en accourant du large,Comme un homme accablé d’un fardeau s’en décharge,Se brisaient devant moi, rythmés et successifs.J’observais ces paquets de mer lourds et massifsQui marquaient d’un hourrah leurs chutes régulières,Et puis se retiraient en râlant sur les pierres.
Et ce bruit m’enivrait ; et, pour écouter mieux,Je me voilai la face et je fermai les yeux.Alors, en entendant les lames sur la grèveBouillonner et courir, et toujours, et sans trêveS’écrouler en faisant ce fracas cadencé,Moi, l’humble observateur du rythme, j’ai penséQu’il doit être en effet une chose sacréePuisque Celui qui sait, qui commande et qui crée,N’a tiré du néant ces moyens musicaux,Ces falaises aux rocs creusés pour les échos,Ces sonores cailloux, ces stridents coquillages,Incessamment heurtés et roulés sur les plagesPar la vague, pendant tant de milliers d’hivers,Que pour que l’Océan nous récitât des vers.
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