Paraphrase du psaume CXXVIII

Les funestes complots des âmes forcenéesQui pensaient triompher de mes jeunes annéesOnt d’un commun assaut mon repos offensé.Leur rage a mis au jour ce qu’elle avait de pire :Certes, je le puis dire ;Mais je puis dire aussi qu’ils n’ont rien avancé.

J’étais dans leurs filets, c’était fait de ma vie ;Leur funeste rigueur, qui l’avait poursuivie,Méprisait le conseil de revenir à soi ;Et le coutre aiguisé s’imprime sur la terreMoins avant que leur guerreN’espérait imprimer ses outrages sur moi.

Dieu, qui de ceux qu’il aime est la garde éternelle,Me témoignant contre eux sa bonté paternelle,

A selon mes souhaits terminé mes douleurs.Il a rompu leur piège ; et, de quelque artificeQu’ait usé leur malice,Ses mains, qui peuvent tout, m’ont dégagé des leurs.

La gloire des méchants est pareille à cette herbeQui, sans porter jamais ni javelle ni gerbe,Croît sur le toit pourri d’une vieille maison.On la voit sèche et morte aussitôt qu’elle est née ;Et vivre une journéeEst réputé pour elle une longue saison.

Bien est-il malaisé que l’injuste licenceQu’ils prennent chaque jour d’affliger l’innocenceEn quelqu’un de leurs vœux ne puisse prospérer :Mais tout incontinent leur bonheur se retire,Et leur honte fait rireCeux que leur insolence avait fait soupirer.

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