Pour les pairs de France, assaillants au combat de barrière
Eh quoi donc ? la France, fécondeEn incomparables guerriers,Aura jusqu’aux deux bouts du mondePlanté des forêts de lauriers,Et fait gagner à ses arméesDes batailles si renommées,Afin d’avoir cette douleurD’ouïr démentir ses victoires,Et nier ce que les histoiresOnt publié de sa valeur ?
Tant de fois le Rhin et la MeusePar nos redoutables effortsAuront vu leur onde écumeuseRegorger de sang et de morts ;
Et tant de fois nos destinéesDes Alpes et des PyrénéesLes sommets auront fait branler,Afin que je ne sais quels Scythes,Bas de fortune et de mérites,Présument de nous égaler ?
Non, non : s’il est vrai que nous sommesIssus de ces nobles aïeuxQue la voix commune des hommesA fait asseoir entre les dieux,Ces arrogants, à leur dommage,Apprendront un autre langage,Et, dans leur honte ensevelis,Feront voir à toute la terreQu’on est brisé comme du verreQuand on choque les fleurs de lis.
Henri, l’exemple des monarquesLes plus vaillants et les meilleurs,Plein de mérites et de marquesQui jamais ne furent ailleurs ;Bel astre vraiment adorable,De qui l’ascendant favorableEn tous lieux nous sert de rempart,Si vous aimez votre louange,Désirez-vous pas qu’on la vengeD’une injure où vous avez part ?
Ces arrogants, qui se défientDe n’avoir pas de lustre assez,Impudemment se glorifientAux fables des siècles passés ;Et d’une audace ridiculeNous content qu’ils sont fils d’Hercule,Sans toutefois en faire foi :Mais qu’importe-t-il qui puisse êtreNi leur père ni leur ancêtre,Puisque vous êtes notre roi ?
Contre l’aventure funesteQue leur garde notre courroux,Si quelque espérance leur reste,C’est d’obtenir grâce de vous,Et confesser que nos épées,Si fortes et si bien trempéesQu’il faut leur céder ou mourir,Donneront à votre couronneTout ce que le ciel environneQuand vous le voudrez acquérir.
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