Le Bon Chien

Vers, 1894

II

LE BON CHIEN

Toi, lasse en ton printemps de n’avoir pas aimé,Gamine au doux profil de vierge du Corrège.Tu pleures la saison des amandiers en neigeEt les lilas légers du pâle mois de mai.Ô fillette ! Jamais un ami n’a ferméSur toi, petit oiseau, ses deux bras comme un piège ?…Viens, viens : je te dirai des mots très doux… que sais-je ?…Je te dirai mes vers tristes, l’esprit calmé.Allons-nous-en bien loin, bien loin, petite vierge ;Allons-nous-en là-bas, tu sais… près de la bergeD’où, sur l’eau toute bleue, on voit courir le vent ;Et plus tard nous aurons, aux fougères d’automne,Sur le coteau fané, si triste quand il tonne,Une petite hutte avec un chien devant.

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