Les Bouquins

Vers, 1894

IV

LES BOUQUINS

Tu me vois quelquefois triste, énervé, grincheux,— Quand j’ai fumé surtout mes pipes allemandesEn travaillant longtemps — alors, tu me demandesD’où vient l’expression si dure de mes yeux.Tu me dis que mes grands bouquins sont ennuyeuxComme les pins et leurs petits pots dans les landes ;C’est vrai : viens… tes baisers sont comme des amandes :Ils ont un parfum blanc : ils sont délicieux.T’aimer bien, ça vaut mieux que de rimer des strophesOu que d’étudier de tristes philosophes.Dans un livre savant, hier soir, je lisais :On y voulait prouver d’une façon notoireQue la réalité n’est qu’ « hallucinatoire » ;Je suis halluciné, chère, par tes baisers.

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