Menuet
Vers, 1894
MENUET
À M. A. Planté.
Les violes grincent,Et les clavecins.Dans le salon bleu, les marquis très minces,Les dames nu-seins,Avec des roideurs de marionnettesMuettesFont un menuetMuet.Ô têtes poudrées !Les larges yeux noirs,Près du foyer clair aux larges flambées,Sont vos purs miroirs :Sur ces miroirs noirs de perruques rosesSe poseUn miroitementCharmant.
Dans le parc bleuâtreOù pleure un jet d’eau,Du salon dansant, on peut voir s’ébattreDes robes Watteau.Pour fuir les galants, grimpent aux échellesDes belles,Laissant voir leurs basD’en bas.Monsieur de VoltaireEst d’un grand talent.Il fait avec goût les rimes légères,Et, voûté, tremblant,Avec son visage aux rides de pomme,Cet homme,Cet homme est vraimentCharmant.
Comments
Loading comments…