Correspondance de Gustave Flaubert — Tome 4 — 0635

635. À LOUIS BOUILHET.

[Paris] 15 mars 1860.

Jamais ! Jamais ! Jamais ! C’est une enfonçade qu’on te prépare, et sérieuse. Au nom du ciel ! Ou plutôt en notre nom, mon pauvre vieux, je t’en supplie, ne fais pas cela ! C’est impossible de toute manière.

Quant à Thierry, il a été gentil ; c’est bien. Mais, 1 tu le mérites, 2 il y avait intérêt. Réponds-lui le plus poliment, le plus longuement possible si tu veux. Mais un voyage est inutile, on t’enfoncerait. Ne cède pas. Ne viens pas à Paris ; dis que tu es tout entier à ta pièce, ce qui est vrai, et qu’une comédie servira mieux « les Français » qu’une ode. Ce serait, selon moi, une canaillerie politique et une cochonnerie littéraire. Je défie qui que ce soit de faire là-dessus rien de passable. Laisse de semblables besognes à Philoxène et à Théo. Je t’embrasse. À toi.

Encore une fois et mille fois, non !

P. S. — Quand même ça servirait au commerce de Carthage, non !

Comments

Loading comments…