904. À SA NIÈCE CAROLINE.
[Paris, début de mars 1867].
Ma chère Caro,
Je me suis occupé de toi, relativement à Couture.
La conduite inqualifiable qu’il a tenue avec l’impératrice et ce que m’avait dit de lui, dernièrement, la Princesse m’ont engagé à prendre de plus amples informations. J’ai écrit à M Sand ; ce matin elle m’a envoyé une lettre que je te montrerai et d’où il résulte que tu aurais tort d’entrer en relations avec un pareil monsieur.
Je vais aujourd’hui me trouver avec des amis intimes d’Amaury Duval, que je connais d’ailleurs, et qui est un homme charmant. J’ai vu de lui des portraits au crayon, exquis ; je demanderai ce qu’il en coûterait.
Ta bonne maman t’aura, sans doute, raconté ma scène avec la baronne ; je te la narrerai plus au long. C’était beau de bêtise, je t’assure.
Quel est le fameux violoncelliste avec qui tu as si bien joué dimanche ?
Moi, dimanche prochain, j’entendrai pour la seconde fois la fameuse Suédoise qui pince le violon d’une manière si distinguée.
Feydeau, l’autre jour, devant un « aréopage » de gens de lettres, a encore parlé avec exaltation des critiques que M Commanville lui avait faites sur ses livres ! Je me suis rengorgé, bien entendu.
Comme il m’ennuie de ne pas voir ta bonne fraîche mine que je bécote.
Ton vieux oncle en baudruche.
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