1038. À LA PRINCESSE MATHILDE.
Croisset, vendredi soir [juillet 1869].
Comme vous êtes bonne de songer à moi, Princesse ! Vous faites bien, je vous l’avoue, car je suis extrêmement à plaindre ! Ma vie est bouleversée par cette mort-là ! et j’aurai du mal à revenir de l’ébranlement qu’elle m’a causé.
Il faut se roidir et continuer son chemin, cependant !
J’ai rendez-vous avec l’Odéon pour le 12 août, afin d’aviser à monter sa pièce. Vers le mois de janvier, je publierai un volume de ses vers, inédits et fort beaux.
Je relis maintenant mon roman pour en effacer les fautes de français et ôter à la critique malveillante le plus de prétextes possibles. Elle m’épargnera fort peu, néanmoins. Mais je m’en moque parfaitement.
Vous ne me dites pas comment vous allez. Êtes-vous toujours aussi triste ? Ah ! l’existence n’est pas drôle ! Et le soleil brille, l’eau continue à couler, le ciel est splendide.
Je vous envoie tout ce que j’ai de meilleur dans l’âme, je me mets à vos pieds, Princesse, je vous baise les deux mains et je suis
tout à vous.
J’espère vous aller voir dans dix à douze jours, puis, à partir du 1 septembre, ne plus bouger de Paris (sauf peut-être pendant une huitaine que je prendrai au mois de septembre, pour aller chez le père Cloquet, à Lamalque).
L’idée de vous voir bientôt, un peu longuement, est ma seule consolation présente.
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