1474. À SA NIÈCE CAROLINE.
Rigi, dimanche, 19 juillet 1874.
Ma chère Caro,
Nous partons ce soir de Kaltbad ; nous allons coucher à Lucerne ; demain, à Lausanne ; mardi, à Genève, et nous serons vendredi matin à Paris.
Je vois que Monsieur mon neveu persiste à ne pas vouloir se soigner. Quand il sera très malade, il faudra bien qu’il s’y résigne ; et alors que deviendront ses affaires ? Est-ce pour imiter Melotte, pour faire l’⦚⦚ ? Je suis content qu’il ait vu Noël Guéneau de Mussy. C’est un homme plus sérieux que son cousin. Je l’ai autrefois connu, d’abord à Rouen, où il a dîné chez ton grand-père qui lui a fait un dessin pour lui expliquer je ne sais quoi sur les fractures du fémur que Guéneau n’avait jamais pu comprendre jusque-là ; puis je l’ai revu à Trouville, et chez Taine, dont c’est un grand ami. Enfin, cet excellent M. Commanville a grand tort de ne pas suivre illico ses prescriptions. Je ne peux pas le forcer à s’en aller aux Eaux-Bonnes, et je regrette de n’avoir pas ce pouvoir. Maintenant, n’en parlons plus.
Le Moscove a maintenant la goutte aux deux pieds. J’ai reçu de lui, ce matin, une lettre charmante, mais fort triste.
Le Sexe faible ne m’inquiète nullement. Qu’il réussisse ou ne réussisse pas, je m’en bats l’œil, profondément ! M. Vieux a tant d’orgueil qu’il est (je le crois du moins) inaccessible à la vanité.
Du reste, je me propose d’être à Cluny terrible et pas du tout bon enfant, pas du tout commode.
Adieu, pauvre chère fille ! Dans une dizaine de jours, j’espère être à Neuville et t’embrasser, car il a bien envie de te voir, ton pauvre
Vieux.
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