L’Allemagne depuis Luther — 01

Ô Vénus, ma belle déesse,Vous êtes une diablesse !

Le ciel défend, de vrai, certains contentemens,Mais on trouve avec lui des accommodemens.

Wer nicht liebt Wein Weiber und Gesang,Der bleibt ein Narr sein Lebenlang.

Notre Dieu est une forteresse,Une épée et une bonne armure ;

Il nous délivrera de tous les dangersQui nous menacent à présent.Le vieux méchant démonNous en veut aujourd’hui sérieusement,Il est armé de pouvoir et de ruse,Il n’a pas son pareil au monde.

Votre puissance ne fera rien,Vous verrez bientôt votre perte ;L’homme de vérité combat pour nous,Dieu lui-même l’a choisi.Veux-tu savoir son nom :C’est Jésus-Christ,Le seigneur Sabaoth,Il n’est pas d’autre Dieu que lui,Il gardera le champ, il donnera la victoire.

Si le monde était plein de démons,Et s’ils voulaient nous dévorer,Ne nous mettons pas trop en peine,Notre entreprise réussira cependant.Le prince de ce monde,Bien qu’il nous fasse la grimace,Ne nous fera pas de mal.Il est condamné,Un seul mot le renverse.

Ils nous laisseront la parole,Et nous ne dirons pas merci pour cela :La parole est parmi nousAvec son esprit et ses dons.Qu’ils nous prennent notre corps,Nos biens, l’honneur, nos enfans.Laissez-les faire,Ils ne gagneront rien à cela ;À nous restera l’empire.

Quiconque n’aime ni les femmes, ni le vin, ni le chant,Celui-là est un sot, et le sera sa vie durant.

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