L’Art poétique (juxtalinéaire)

Translated from Latin by Édouard Sommer

Si pictor velitjungere cervicem equinamCapiti bumano,et inducere plumas variasmembriscollatis undique,ut mulierformosa supernedesinat in piscemturpiter atrum :amici , admissi spectatura,teneatis risum?Credite , Pisones,fore persimilemisti tabulœ,librumcujus species vanaefingenturvelut somnia aegri ,ut nec pes nec caputreddatur formae uni.— Potestas aequaaudendi quidlibetfuit semperpictoribus atque poetis. —Scimus, etpetimusque hanc veniam ,damusque vicissim :sed non ut immitiacoeant placidis ;non ut serpentesgeminentur avibus ,agni tigribus.Plerumque ,unus et alter pannus

Si un peintre voulaitjoindre un cou de-cbevalà une tête humaine ,et mettre des plumes diversessur des membresrassemblés de-toute-part,en sorte qu’une femmebelle par-le-bautse terminât en un poissonhideusement noir (repoussant) ;mes amis, admis à voir cela,retiendriez-vous votre rire ?Croyez, Pisons,qu’il sera tout-à-fait-semblableà ce tableau ,le livredont les idées vaines (confuses )seront (seraient) représentéescomme les rêves d’un malade,en sorte que ni pied ni têtene se rapporte à une forme unique.— Un privilège égald’oser toute-chosea été de-tout-tempsaux peintres et aux poëtes. —Nous savons cela; aussi,et demandons-nous cette permission,et la donnons-nous, à-notre-tour :mais non pour que les animaux férocessoient unis aux animaux paisible»;non pour que les serpentssoient accouplés aux oiseaux,ni les agneaux aux tigres.La plupart-du-temps,un et un autre (un ou deux) lambeaux

purp’.ireus,q:n splendeat late,£.->suituriDceptis gravibuset professis magna :quum lucuset ara Dianœ,et ambitusaquœ properantisper agros amœnos ,aut flumen Rhenum,aut arcus pluriusdescribitur :sed locus non erat nunchis.Et fortasse scissiinulare cupressum :Quid hoc,si qui pingitur,aire dato ,enatat exspcs,navibus fraclis ?Amphora cœpitinstitui :car, rota currentc,urceus exit ?Denique, quodvissit duntaxatfeimplex et ununi.Pater, et Juvcnesdigni pâtre,maxiiria pars vatumdiîcipimurspecie rccii :laboro es^e brevi*,t’iii obscurus ;iicrvi aniiniquorloficiuntK«clantcm lenia ,prcfessus graiidialiirget;nimium tutustimidusque procellœ,Horpit humi.Qui cupitvariare prodiginliterT8m iMiani .

de- pourpre ,qui puissent-briller au loin ,sont cousus (son: rattachés)à deà comnienceineni» noltleset qui promettent de grandes-choses:par exemple, lorsqu’un bois-sacréet l’autel de Diane ,et le cours-sinueuxd’un ruisseau qui se hâteà travers des champs agréables,ou le fleuve du Rhin ,ou l’arc pluvieux J’arc-eu-ciel)est décrit :mais le lieu n’était pas maintenantà ces descriptions.Et peut-être tu saisreprésenter un cyprès :que fait cela à quoi bon},si celui qui est peint qui se fait peindre^ ,«on argent étant donné ’ pour son argent),’échapp»-à-la-nage et sans-espoir,ses vaisseaux étant brisés?Une amphore a commencéà être façonnée :pourquoi, la roue tournant,une tasse sort-elle ; résulte-t-elle)?Enrin , que tout sujetsoit avant-toutsimple et un.Père, et vous , .Teunes-gcn?dignes do votre père,la plus grande partie des poètesnous sommes trompéspar l’apparence du bien :je tâche d’être concis ,je deviens obscur :les nerfs et les esprits [la chaleur)abandonnentrelui qui recherche les choses trop doucescelui qui promet des choses grandioses,est enflé ;celui qui est trop sur-ses-gardeset qui-craint trop la tempête,rampe terro-à-terre.(3elui qui désirevarier par-lo-morveilleuxun 8ujet simple ,

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cus du bonhomme Simon qu’elle enjôle, avec le langage de Silène, iardien fidèle, servitnur et nourricier de Bacchus. Je prendrais le Bujet Jde ma pièce <ians lo <lomainc commun. Chacun aurait l’ambition dVn ^faire autant, d’abord ; et puis, après avoir sué sang et eau, on quit- ’

tcrait la partie : tant l’ordre et l’harmonie ont <le valeur <lanB un, Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/41 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/42 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/43 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/44 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/45 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/46 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/47 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/48 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/49 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/50 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/51 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/52 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/53 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/54 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/55 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/56 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/57 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/58 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/59 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/60 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/61 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/62 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/63 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/64 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/65 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/66 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/67 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/68 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/69 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/70 Page:Horace - Art Poétique en juxtalinéaire, 1900.djvu/71

NOTES.Page '4. — 1. Ar& poetica. Ce sont les premiers (éditeurs qui ontimapiuu cette déiioininution assez pompeuse (V Art poétique, et l'usa<zeR j'iuvalu. Horace n'avait donné à son œuvre que ce titre bienplus modeste et plus vrai : Epislola ad Pisones. En edet , le poëtos'exprime souvent avec une familiarité et un abandon que la gra-vit» du poënie didactique lui aurait interdits.

VÉpltre aux Pisons fut composée vers l'an 745 de Rome : Horaceavait alors cinquante-six ans; mais il est à peu près certain qu'ellene fut publiée qu'après la mort du poète, survenue en 746.— 2. Lucius Pison, vainqueur des Tli races , pacificateur de laMacédoine , puis préfet de Rome , diligentissnnus atqne idem lenissimussecur-itatis urbaiiœ custos, au dire de Velléius Paterculus , était l'amiintime d'Horace. Il avait deux fils qui partageaient son goût pro-noncé pour les belles-lettres, et qui, comme lui, faisaient des vers.Ou croit même que l'aîné avait composé une tragédie. — C'est àces trois nersonnages qu'est adressée cette épître.Il faut dire, au reste , que cette vigilance , si vantée par Velléius,s'accorde mal avec certain témoignage assez bizarre que Sénèquo arendu de ce même Lucius Pison , en disant « qu'il ne s'enivraqu'une fois dans sa vie, parce que sa vie ne fut qu'une longueivresse, Elirius , ex quo semel faclus est, fuit. »— 3. Mulier fnrvxoxn superne. Superne ne veut pas dire exacte-ment le buste , mais seulement la télé. En adoptant la première deces doux expressions , nous avons voulu éviter l'interminable péri-phrase qu'il eût fallu employer pour nous rendre intelligible.— 4. Speriea, — imagines, en grec e'or,, idées.Page 4. — 1. Qui pmgilur. C'était un usage chez les anciens. Lesmalheureux qui avaient fait naufrage, sollicitaient la pitié des pas-sants en portant, suspendu sur la poitrine, un tableau qui repré-sentait leur infortune. On se rappelle ce vers de Perse:QîMim fraria le in irabo piruimF.x liuniero ^tuvwv.....

S;il. I. V. «6 Cl 87.)

Page 6. — 1. Pmenier , /./-à. ôwx/xiv.— 2. Et prœsens m lempus omittat. Nous expliquons, dans la notosuivante, les raisons qui nous ont fait adopter ce changement. Mai»,pour ceux qui t?endraient absolument à la leçon mlgairc, nous ré-tablissons dans la même note le text(5 de l'édition de Quicherat. On

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NOTES.Page '4. — 1. Ar& poetica. Ce sont les premiers (éditeurs qui ontimapiuu cette déiioininution assez pompeuse (V Art poétique, et l'usa<zeR j'iuvalu. Horace n'avait donné à son œuvre que ce titre bienplus modeste et plus vrai : Epislola ad Pisones. En edet , le poëtos'exprime souvent avec une familiarité et un abandon que la gra-vit» du poënie didactique lui aurait interdits.

VÉpltre aux Pisons fut composée vers l'an 745 de Rome : Horaceavait alors cinquante-six ans; mais il est à peu près certain qu'ellene fut publiée qu'après la mort du poète, survenue en 746.— 2. Lucius Pison, vainqueur des Tli races , pacificateur de laMacédoine , puis préfet de Rome , diligentissnnus atqne idem lenissimussecur-itatis urbaiiœ custos, au dire de Velléius Paterculus , était l'amiintime d'Horace. Il avait deux fils qui partageaient son goût pro-noncé pour les belles-lettres, et qui, comme lui, faisaient des vers.Ou croit même que l'aîné avait composé une tragédie. — C'est àces trois nersonnages qu'est adressée cette épître.Il faut dire, au reste , que cette vigilance , si vantée par Velléius,s'accorde mal avec certain témoignage assez bizarre que Sénèquo arendu de ce même Lucius Pison , en disant « qu'il ne s'enivraqu'une fois dans sa vie, parce que sa vie ne fut qu'une longueivresse, Elirius , ex quo semel faclus est, fuit. »— 3. Mulier fnrvxoxn superne. Superne ne veut pas dire exacte-ment le buste , mais seulement la télé. En adoptant la première deces doux expressions , nous avons voulu éviter l'interminable péri-phrase qu'il eût fallu employer pour nous rendre intelligible.— 4. Speriea, — imagines, en grec e'or,, idées.Page 4. — 1. Qui pmgilur. C'était un usage chez les anciens. Lesmalheureux qui avaient fait naufrage, sollicitaient la pitié des pas-sants en portant, suspendu sur la poitrine, un tableau qui repré-sentait leur infortune. On se rappelle ce vers de Perse:QîMim fraria le in irabo piruimF.x liuniero ^tuvwv.....

S;il. I. V. «6 Cl 87.)

Page 6. — 1. Pmenier , /./-à. ôwx/xiv.— 2. Et prœsens m lempus omittat. Nous expliquons, dans la notosuivante, les raisons qui nous ont fait adopter ce changement. Mai»,pour ceux qui t?endraient absolument à la leçon mlgairc, nous ré-tablissons dans la même note le text(5 de l'édition de Quicherat. On

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