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Translated from English by Marcel Proust

Sésame et les lys

Le dernier vint, et le dernier partit,Le Pilote du Lac Galiléen.Il portait deux clefs massives, chacune d’un métal différent-----(L’une d’or ouvre, l’autre d’airein ferme solidement) ;ll secoua sa chevelure mitrée et parla sévèrement ainsi :« Avec quel plaisir, jeune rustre, j’aurais pris à ta placeTant de ceux qui pour grossir leur ventreSe glissent et se faufilent et grimpent dans le troupeau !D’autres soucis ils ne se mettent guère en peineQue de savoir comment se pousser jusqu’au festin des tondeurs de brebis,Et en écarter le digne, le véritable invité ;Aveugles bouches ! à peine si eux-mêmes savent comment tenirUne houlette, ou ont appris quelque chose d’autre, si peu que ce soit,Qui ressortisse à l’art du pasteur fidèle !Que leur importe ? De qui ont-ils besoin ? Ils font leur cheminEt à leur gré leurs chants minces et vainsGrincent contre la triste paille de leurs grêles pipeaux.Les brebis affamées tournent les yeux vers eux et ne sont pas nourries,Mans, enflées de vent et des brouillards pestilentiels qu’elles respirent,Elles se corrompent intérieurement et répandent des émanations impures et contagieuses,Outre celles que l’horrible loup à la patte sournoiseChaque Jour dévore avidement, sans qu’aucun compte en soit rendu. »

D’autres soucis ils ne se mettent pas en peineQue de savoir comment se pousser jusqu’au festin des tondeurs de brebis,Aveugles Bouches !

« Car voyez ! ta loi ordonneQue mon amour soit manifestementxxx De te servir et honorer :Et ainsi fais-je ; et ma joie est parfaite,D’être accepté pour le serviteur de ta règle.

À peine reçu, je suis dans le ravissementDepuis que ma volonté est ainsi dresséeÀ servir, ô fleur de joie, ton excellence.Ni jamais, semble-t-il, rien ne pourra plus éveillerxxx Une peine ou un regret.Mais en toi prend son appui chacune de mes pensées et de mes sensationsParce que de toi toutes les vertus jaillissentxxx Comme d’une fontaine.Ce qu’il y a dans les dons que tu fais, c’est la meilleure et la plus profitable sagessexxx Avec l’honneur sans défaillance.

En toi chaque souverain bien habite séparémentRemplissant la perfection de ton empire.

Dame, depuis que j’ai reçu ta plaisante image dans mon cœur,xxx Ma vie s’est isolée

Dans une brillante lumière, au pays de vérité.Elle qui jusqu’alors, à vrai dire,Avait tâtonné au milieu des ombres d’un lieu obscurEt pendant tant d’heures et de joursAvait à peine gardé le souvenir du bien.Mais maintenant mon servageT’appartient, et je suis plein de joie et de repos.C’est un homme que de la bête sauvageTu as tiré, depuis que par ton amour je vis. »

Ah ! la femme prodigue — elle qui pouvaitÀ sa douce personne mettre son prixSachant qu’il n’avait pas à choisir, mais à payer,Comment a-t-elle vendu au rabais le Paradis !

Comment a-t-elle donné pour rien son présent sans prix,Comment a-t-elle pillé le pain et gaspillé le vin,

Qui, consommés l’un et l’autre avec une sage économie,De brutes auraient fait des hommes, et d’hommes des dieux. »

« Trois ans elle crût sous le soleil et l’ondée.Alors Nature dit : « Une plus aimable fleurSur terre ne fut jamais semée ;Cette enfant pour moi-même je prendrai ;Elle sera mienne, et je formeraiUne dame issue de moi seule.

Moi-même pour ma chérie je seraiÀ la fois la loi et l’impulsion ; et avec moiLa fillette, dans le rocher et dans la plaine,Dans la terre et le ciel, dans la clairière et le bocage,Sentira à veiller sur elle un pouvoirTantôt excitateur et tantôt réprimant.

Les flottants nuages leur majesté prêterontÀ elle, pour elle le saule se courbe ;Ni elle ne manquera de discernerMême dans le mouvement de la tempêteLa grâce qui moulera ses formes de jeune fillePar une silencieuse sympathie ;

Et des sentiments vitaux de joieÉlèveront sa forme jusqu’à une royale stature,Gonfleront son sein virginal ;De telles pensées à Lucie je donneraiPendant qu’elle et moi ensemble nous vivronsIci dans cet heureux vallon. »

« Une contenance en laquelle se rencontrentDe doux souvenirs, des promesses aussi douces. »

« Son allure légère et libre de femme d’intérieurEt ses pas d’une liberté virginale. »

Même la légère campanule relève sa têteQui rebondit sous ses pas aériens.

Viens dans le jardin, Maud,Car cette noire chauve-souris, la nuit, s’est envoléeEt les parfums du chèvrefeuille flottent au loinEt le musc des roses s’exhale.

Viens dans le jardin, Maud,Car cette noire chauve·souris, la nuit, s’est envolée,Viens dans le jardin, Maud,Je suis sur la porte, tout seul.

« Je perds mon temps s’il faut les croire,Eux seuls du siècle sont l’honneur »

« Et dans quatre mouchoirs de sa beauté salisEnvoie au blanchisseur ses roses et ses lys. »

« L’ignorance et l’erreur à ses naissantes piècesEn habits de marquis, en robes de comtesses. »

« Pourquoi l’assassiner ? Qu’a-t-il fait ? À quel titre ?« Qui te l’a dit ? »

« Et dans un fol amour ma jeunesse embarquée »…« Réunissons trois cœurs qui n’ont pu s’accorder ».

« Sur les monuments qu’on révèreLe temps jette un charme sévèreDe leur façade à leur chevet…C’est le temps qui creuse une rideDans un claveau trop indigent…Quand ma pensée ainsi vieillissant ton attique… Se refuse enfin lasse à porter l’archivolte. »

« C’est le temps qui creuse une rideDans un claveau trop indigent. »Car déjà il s’élance vers une pensée plus belle :« Qui sur l’angle d’un marbre aridePasse son pouce intelligent, »

« Rêve à l’artiste grec qui versa de sa mainQuelque chose de beau comme un sourire humainSur le profil des propylées. »

« Tel qui donne libéralement devient plus riche,Et tel qui épargne à l’excès ne fait que s’appauvrir.L’âme bienfaisante sera rassasiéeEt celui qui arrose sera lui-même arrosé. »

Ni Pierre, ni les autres n’enlevèrent à Matthias son or et son argent…Reste donc là, car tu es justement puni, et garde bien ta richesse mal acquise…Et n’était que me retient encore le respect des clefs souveraines que tu tins dans la douce vie,J’userais de paroles encore plus sévères…

Il vous a vus, pasteurs, l’Évangéliste, lorsqu’il aperçut celle qui est assise sur les eaux se prostituant aux rois.Ah ! Constantin, de quels maux fut la source, non ta conversion, mais la dot que reçut de toi le premier pape opulent.

Et c’est encor Seigneur le meilleur témoignageQue nous puissions donner de notre dignitéQue cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge, etc.

« Le pain que je vous propose« Sert aux anges d’aliment« Dieu lui-même le compose« De la fleur de son froment.« C’est ce pain si délectable« Que ne mange pas à sa table« Le monde que vous suivez.« Je l’offre à qui veut me suivre.« Approchez. Voulez-vous vivre ?« Prenez, mangez, et vivez ! »

« Aux botanistesLe club jurassique. »

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