Vergers

L’Amour et le Sablier

Vergers

La nuit gonflée de pluie et de semencesA pris dans son remous les maisons et les arbres.Une inquiète douceur coule le long des rues.Cette goutte chaude sur ma main,Est-ce la pluie ? Est-ce une larme ?Est-ce la sèveQue distille la fièvre amère des bourgeons,Des précoces lilas, des rameaux écumeux et noirs ?

Je ne sais. Mon corps fond dans l’ombre de la ville,Épaisse et trouble ainsi qu’une eau après l’orage,Et l’odeur des jardins mouillésEnivre à travers les espacesUn dieu fait de désirs obscurs.Mon amour, tu as pris le visage de l’attente,Et je tourne lentement mes paumesVers le vent qui a passé sur les vergers en fleurs.

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