Absorption dans l’amour

Le Parnasse contemporain — 1876

Comme si ses flancs renfermaient une âme,Le Vésuve au loin gronde sourdement ;Le ciel est zébré de langues de flamme,La cendre jaillit du sommet fumant.

Au pied du volcan la mer fulguranteMugit sur ses bords et sur ses récifs ;Dans les frais ravins où s’endort Sorrente,Sous les orangers ils restent assis.

C’est le premier jour que la femme aimanteA revu celui qu’elle a tant pleuré ;Qu’importe à son cœur la sombre tourmente,Le gouffre béant, le ciel déchiré ?

Ivre de le voir, ivre de l’entendre,Elle reste sourde aux bruits d’alentour ;La mort serait douce à cette âme tendreEn la foudroyant aux bras de l’amour.

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