Les Bédouins

Le Parnasse contemporain — 1876

Errant dans le désert le Bédouin seul est libre ;L’immensité lui forme un abri triomphant.Du fauve qui surgit et du kemsin qui vibreLe formidable effroi l’entoure et le défend.

Là, le Turc fatidique a perdu l’équilibreEn trouvant contre lui la brute et l’élément,Tandis qu’à leur contact roidissant chaque fibre,Le Bédouin a conquis son affranchissement.

Il dompte le chacal, et quand le kemsin passeContre terre il se couche il y colle sa faceEt se relève après affermi, souriant.

Puis son cheval l’emporte à l’oasis lointaineOù sa tente est dressée au bord d’une fontaine,Il dort… Et dans un songe il est roi d’Orient.

Comments

Loading comments…