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Le Cahier rouge de Lucile Desmoulins

TABLE DES MATIÈRES

(ne fait pas partie de l’ouvrage original)

Préface

Le Trésor

Le Contrat de mariage par devant nature

L’Enfant trouvé

La Chansson du saule

Vers trouvés au pied d’un arbre

La Rose et le Flambeau

Chanson

Complainte de Marie Antoinette

Romance

Autre

Avec les jeux

Romance

Au nombre des plus belles et des plus touchantes figures de la Révolution Française, parmi celles qui éclairent même les jours sombres du rayonnement de leur grâce et de leur patriotisme, au milieu de tant d’autres et au-dessus de beaucoup d’autres, nous apercevons Lucile Duplessis, la femme adorée et adorable de Camille Desmoulins.

On a souvent parlé d’elle, ou pour être plus exact, parlé d’eux, car les deux époux sont inséparables dans l’histoire ; M. Claretie leur a consacré un volume remarquable après lequel il semble que rien ne puisse être dit. Ils sont, cependant, si intéressants ; les documents qui les concernent sont en quantité relativement si considérable que les travaux devront se succéder longtemps encore avant d’avoir épuisé la légitime curiosité du public et la mine si riche des matériaux que le temps et les fureurs politiques ont épargnés.

Qu’il nous soit permis de lire avec une respectueuse piété les notes écrites au courant de la plume, de parcourir les feuilles sur lesquelles la pensée intime était, aussitôt traduite qu’éclose, en un mot ces Reliquiæ qui nous font entrer un instant dans la vie même de ceux dont nous nous occupons.

Les manuscrits que nous avons pu recueillir nous fourniront l’occasion de plus d’une publication du genre de celle-ci. Nous commençons aujourd’hui par le Cahier rouge de Lucile Desmoulins. Ce cahier n’est pas absolument inédit, M. Claretie en a donné plusieurs pièces ; le voici dans son entier, mais avant il est bon de le décrire et de rectifier à ce sujet l’historien de Camille.

En effet, voici comment M. Claretie nous le présente : « Ce petit cahier — haut de douze centimètres et large de huit centimètres ; cartonné de carton rouge et contenant vingt-deux feuillets d’un papier solide, rugueux et jauni, dont treize seulement sont couverts de l’écriture de Lucile, — ce cahier de jeune fille contient des vers composés en l’honneur de Mademoiselle Duplessis ou copiés par elle sur des recueils qui paraissaient alors. À la première page, le baron de Girardot, à qui ce document unique appartenait, a tracé cette indication :

« Cahier écrit de la main de Lucile Duplessis,« femme de Camille Desmoulins« m’a été donné par la sœur de Lucile, en 1834, à Paris.« B. de Girardot. »

« Il est aujourd’hui la propriété de M. de Lescure qui a bien voulu nous le communiquer. »

Ce cahier contient non pas 22 mais 40 feuillets, dont plusieurs ne sont pas coupés. Vingt sont couverts de l’écriture de Lucile, quinze seulement sont numérotés.

Outre la mention de la première page, M. de Girardot avait ajouté ou plutôt répété à la seconde page :

« ce cahier contient diverses« poésies écrites par« Lucile Duplessis femme« de Camille Desmoulins« m’a été donné par« mademoiselle Duplessis« sœur de Lucile, en 1834. »

Nous ne pensons pas que le baron de Girardot se soit dessaisi de ce document, en tout cas il le possédait encore il y a quelques mois car, au catalogue de la vente d’autographes composant sa collection (13 et 14 juin 1879), nous le retrouvons sous le n 268. Il nous a été cédé par M. Étienne Charavay qui s’en était rendu acquéreur à cette vente.

Ceci dit en ce qui touche la matérialité du recueil, arrivons aux poésies qu’il contient. Elles nous font connaître « les pensées de Lucile, à la veille et au lendemain de son mariage. Lorsqu’elle commença à y noter les vers qui la frappaient ou lui plaisaient, elle était évidemment déjà éprise de Camille. Amour contrarié, car M. Duplessis le père n’avait pas vu d’un œil très-favorable naître et grandir l’amour de Desmoulins pour sa fille....... Lorsque tout d’abord Camille s’ouvrit à lui sur ses projets, parla doucement, timidement d’union, il se heurta à un refus très-net de M. Duplessis, il put croire à une résolution inflexible. L’amoureux s’éloigna et madame Duplessis fut attristée, Lucile gémit. Et l’expression de cette tristesse, de cette intime douleur, on la retrouve dans les pièces de vers recueillies dans le petit cahier rouge de mademoiselle Duplessis.

« Ce sont là des vers amoureux, attendris, qui tous chantent les malheurs de deux amants séparés par la volonté paternelle. Lucile prend plaisir à les recopier, à les apprendre. Elle leur trouve sans nul doute la saveur âcre de ces mets qui rendent parfois la souffrance plus lancinante et plus cruelle. Celui qui s’appelait le berger Sylvain, Sylvain Maréchal, a rimé pour les amoureux persécutés des romances qui peignaient les tourments de Lucile. Elle les transcrivait donc avec une volupté douloureuse sur son cahier de jeune fille en leur donnant, comme Maréchal, ce titre : Romance historique. »

Mais pourquoi nous attarder, analyser ces pièces de vers tendres et charmantes ; pourquoi reculer le moment où le lecteur va pouvoir les lire ? Laissons donc notre plume au repos, effaçons-nous devant cette aimable et touchante apparition du xviii siècle et de la Révolution, devant Lucile Desmoulins. LE TRÉSOR.

ROMANCE HISTORIQUE.

air : Au fond d’une sombre vallée.

Jeunes filles à l’ame tendre,Vous tous, amis du sentiment,Venez près de moi pour entendreUn récit triste mais touchant.Si mon style n’a point de charmeEt s’il n’est pas semé de fleurs,Du moins accordés une larmeÀ ce qui m’a coûte des pleurs.Sylvandre né dans l’indigenceGardoit avec soins le troupeauD’un laboureur que l’oppulenceRendoit l’honneur de son hameau.Nice étoit l’unique héritièreDe ce laboureur orgueilleuxEt ne s’en montroit pas plus fière.Sylvandre en devint amoureux.Il n’osa jamais le lui dire :On est si timide en aimant !Mais dans ses yeux il laissa lireEt sa tendresse et son tourment.

Et voilà que dans le silenceÉpris l’un pour l’autre, tous deuxAvec une égale constanceOnt en secret les mêmes feux.Au moment même où peut-êtreIl pleure d’être né sans or,Dans le domaine de son maîtreSylvandre apperçoit un trésor.Ivre de joie, à cette vueIl vole à Nice et lui fait partDe sa richesse innatendue.Tous deux bénissent le hasart.Mais après cet instant d’ivresseSylvandre, devenu rêveur,Dit, en tremblant, à sa maîtresse :« Je suis loin encore du bonheur !« Quand je devrais être victime« De mes sentimens délicats,« Peut-on être heureux par un crime ?« Ce trésor ne m’appartient pas.« Nice, dans le champ de ton père« J’ai trouvé ce riche dépôt :« Il est à lui. Viens ma bergère.« Il faut le lui rendre aussitot.« — Ah, mon ami, de ce service« Ah, puisse mon père enchanté« Te destiner la main de Nice« Pour prix de ta fidélité. »Voici la réponce du père :« Fidèle et loyal serviteur,« Je veux bien doubler ton salaire,« Mais chasse l’amour de ton cœur.« Il me faut désormais pour gendre« Un laboureur riche en moisson :« Tu n’es que berger. Vas, Sylvandre.« Retourne vite à tes moutons. »

Sylvandre à sa chaumière obscureS’en va silencieusement.À s’abstenire de nouritureIl s’obstine de ce moment.Trois jours après, son chien fidèleAccourt, et par son aboimentApprend à Nice la nouvelleDu trépas de son tendre amant.De désespoir Nice frappéeCachant à son père interditL’objet dont elle est occupéeD’un ton doux et triste lui dit :« Laissez-moi de ce berger sage« Recevoir le dernier soupir. »Puis, rassemblant tout son couragePrès de Sylvandre alla mourir.

Par le Berger Sylvain.

LE CONTRAT DE MARIAGE PAR DEVANT NATURE.

ROMANCE HISTORIQUE.

(Même air.)

Le jeune Hylas, la jeune HélèneS’aimaient tous deux égalementEt tout en eux servit leur charme ;Mêmes désirs, même penchant,Toujours d’accord, jamais se plaindre,Sans cesse ensemble sans dégoutC’étoient (pour d’un seul trait les peindre)Les deux motiés du même tout.La couronne de l’hyménéeManquait seule à leurs tendres cœursEt la guirlande fortunéeN’eût offert jamais plus de fleurs.Mais leurs familles diviséesPar le culte de leurs ayeux,Tenant chacune à ses idées,Mirent un obstacle à leurs vœux.

Au couple fidèle on vint dire :« Quittez-vous pour ne plus vous voir ;« D’un Dieu vengeur redoutez l’ire !« Vous haïr est votre devoir.« — Quoi nous haïr ! Mais la nature« Pour nous aimer nous créa tous :« Peut-elle d’une flamme pure« Voir les progrès avec courroux. »En vain nos amans supplièrent :L’un à l’autre on les arracha.En vain des larmes ils versèrent :Du couvent on les menaça.Après plusieurs mois de misère,Comme par miracle échappés,Enfin ils purent se soustraireÀ leurs tyrans préoccupés.« Viens, dit Hylas à son Hélène,« Suis-moi dans le fond des forêts.« Abandonnons l’espèce humaine« Si peu digne de nos respects.« Leurs lois, faites pour l’imposture,« Ne nous permet pas d’être époux ;« Appelons-en à la nature« Par devant elle unissons-nous. »Nos deux amans firent voyageIncognito, d’un pied léger,Vers une région sauvageOù les cœurs peuvent s’engager.Là, sans prêtres et sans notaires,Sur un autel de gazon frais,Au milieu d’un bois solitaireIls s’unirent à peu de frais.Leurs travaux et leur industrieEmbelirent ces lieux déserts.Ils oublièrent leur patrieEt furent pour eux l’univers.

Vous qu’on persécute à la ville,Jeunes cœurs, accourez près d’eux ;Leur toit de chaume sert d’asileÀ tous les amans malheureux.

Par le Berger Sylvain.

3 Jour Septembre 1787.

L’ENFANT TROUVÉ.

ROMANCE.

Air : Je l’ai planté.

Dans le sentier qui nous a guidéEst un enfant abandonnéErrant sans dessin et sans guide ;Ce jeune enfant parraît bien né.Il parle une langue étrangèreMais ces gestes sont éloquens ;Peut-être a-t-il perdu sa mère ?Hélas, il est sans vêtement.« Soulageons les maux qu’il endure ;Adoptons ce pauvre orphelainQue nous adresse la nature.Réchauffons-le dans notre sein. »Ainsi parla le bon SilvandreÀ l’ingénue et tendre Aimé.Aussitôt tous deux de se rendrePrès de l’enfant non réclamé.« Ah, qu’il est beau, » dit la bergère ;Puis, en le prenant par la main :« Nous n’habitons qu’une chaumièreMais nous avons un cœur humain. »À peine au seuil de leur demeureUn pasteur déjà des plus vieuxVint leur dire : « Chassez sur l’heure,Chassez cet hôte dangereux.Sylvandre, Aimé, qu’allés-vous faire ?Cet enfant, beau comme le jour,A fait le malheur de la terre.Vous allez éberger l’amour.

— Vieillard, ton humeur est chagrine,Reprit Sylvandre avec ardeur ;On peut loger dans sa chaumièreCelui qu’on porte dans son cœur. »

LA CHANSSON DU SAULE.

Air : Au pied d’un saule assise.

Frais ornement des prés et des vallons,Le voyageur t’aime sur son passage.Bel arbrisseau, sous ton léger feuillageLe gay pasteur prélude à ses chanssonsEt moi je viens gémir à ton ombrage.Ô saule, ami fidéle à ton ruisseau,Complaisamment penché sur son rivageChaque printemps, sous un nouveau feuillage,Du chaud du jour tu préserves son eau,Et moi je viens languir à ton ombrage.S’il se trouvait un cœur né pour l’amourUn berger tendre au maintien doux et sage,Ô saule ami, prête lui ton feuillage ;Qu’il vienne ici pendant le chaud du jourJe viendrai l’aimer à ton ombrage.

Vers

trouvés au pied d’un arbresur l’avenue de Bourg la Reine.

Toi qui n’aimas jamais et crains d’aimer un jour,Jeune ou vieux, fusses-tu l’un des stoïques,Garde-toi de toucher à ces touches magiquesOu bien crains pour ton cœurLa touche de l’amour.

LA ROSE ET LE FLAMBEAU.

CHANSON ANACRÉONTIQUE.

L’idée de cette chanson est due à une esquisse de M. Fragonard.

Air à faire.

Lise avoit une roseDe la surveille éclose.

C’était là tout son bien.De sa fleur printanière,Lise, contente et fièreNe désiroit plus rien.Pour faire voir sa roseTout fraîchement écloseLise voulut un jour,Non loin de son village,Faire un pélérinageAu Temple de l’Amour.Sans nulle expérienceLise arrive et s’avanceJusqu’au pied de l’autel.Lise tremblante, émue,N’ose porter sa vueSur le jeune immortel.Mais l’amour voit la roseTout fraîchement écloseÀ travers son bandeau.Sur cette fleur nouvelleIl jette une étincelleDe son divin flambeau.La rose est consumée.Une vaine fuméeRemplace ce trésor…Depuis cette journée,Rêveuse et consternée,Lise gémit encor.Craignez jeunes bergèresLes ardeurs passagèresDe ce dieu porte-bandeau ;N’approchez pas vos rosesDe la surveille éclosesTout près de son flambeau. CHANSON.

Air : Nymphe de ce bocage.

Humble autel de verdureQue la sensible EmmaÀ la bonne natureDe ses mains éleva,De la mélancolieMonument précieuxPermets à mon âme attendrieDe t’adresser des vœux.Dans ce frais sanctuaire,Sur ce gazon épais,Quand Emma solitaireViendra chercher la paixDe son âme oppresséePar le poids du malheur,Chasse toute noire pensée,Rends le calme à son cœur.Et toi, fille sensible,D’Emma, l’unique appui,À toi seul est possibleDe charmer ses ennuis,Viens souvent la surprendreAu pied de cet autel,Souvent verse ton âme tendreDans le sein maternel.

COMPLAINTE DE MARIE ANTOINETTE,REINE DE FRANCE.

Sur l’air de la complainte de Marie Stuart, reine d’Angleterre.

De votre reine infortunée,François, écoutez les remords ;À la coupable destinéeDemandez raison de mes torts.

Près de mon palais solitaire,Autrefois plein de faux amis,Du peuple j’entends la colèreIl m’accuse et moi je gémis.À tous les coups mon âme est prête,Mais où m’entraînent ces bourreaux ?Où suis-je ? J’entends sur ma têteSe croiser de fatals ciseaux.On m’arrache le diadême,Un voile est posé sur mon front ;Je vais donc survivre à moi-même !Non, je mourrai de cet affront.Ô vous, pastourelles naïves,Qui portiez envie à mon sort,Dans quelques romances plaintivesPlacez mon nom après ma mort ;Dites de Marie AntoinetteL’ambition et les malheurs.J’expire un peu plus satisfaiteSi votre Reine obtient des pleurs.

ROMANCE.

Air : La Fête des bonnes gens.

Au sein de nos campagnesCélébrons la liberté ;Des vallons aux montagnesQue ce cri soit répété.Un petit moment de guerreRamène le bon vieux tems ;Chez nous c’est encore la terre,La terre des anciens Francs.Buvons à tasse pleineÀ notre divinité,Chantons à perdre haleine,Célébrons la liberté !

La dédaigneuse AngleterreNe nous croyait que galant.Chez nous c’est toujours la terre,La terre des anciens Francs.

AUTRE.

Qui que tu sois, quand tu serais l’AmourGarde toi de troubler la paix de cet asile,Respecte ce riant séjourDe l’innocence et de Lucile.

AVEC LES JEUX.

Ô vous Père de la patrie,Prenez ses couronnes de fleursEmblème de vôtre génie.Nais, hommage de nos cœurs,Cent fois heureuse d’être néePour vivre à l’abri de vos lois.Dans nos campagnes fortunéesL’âge d’or luit à votre voix.

ROMANCE.

Sur la pente de la collineQui borne d’ici l’horizon,Distinguez-vous cette chaumineQu’accompagne un petit donjon ?Là, dans la paix et le silence,Là, deux amans, enfin époux,De leur tendre persévéranceSavourent les fruits les plus doux.L’histoire en est des plus touchantes.Vous qui gémissez sous la loiDe durs parents, jeunes amantes,Approchez-vous, écoutez-moi.Courageuse autant que fidèleCécile ainsi que son amantPeuvent vous servir de modèlePour un semblable errement.

De la nature et de sa mère,Cécile, élève seulement,Possédoit une âme trop fièrePour prendre d’autre enseignement.Alain, jeune homme bon et sage,Sut lui plaire sans beaucoup d’art,Heureux Alain ! Ce fut l’ouvrageD’un seul moment, d’un seul regard.Un autre que lui de CécilePoursuivait ardemment le cœur.Dans l’art d’écrire maître habile,Profond politique, orateur,Il savait tout hors l’art de plaire.Novice encore en fait d’amourColmat n’avoit pu que du pèreObtenir un tendre retour.Mais Colmat l’âme satisfaiteDu consentement paternelCroit sa félicité parfaiteEt déjà pense être à l’autel.Déjà, dans sa vaste demeure,Le lit nuptial à grand fraisS’élève ; il n’attend plus que l’heureDe se voir heureux pour jamais.Le père enfin dit à Cécile :« Je ne vous donne qu’un moment.Tout subterfuge est inutile ;Optez : Colmat ou le couvent.— Une union mal assortiePlus qu’un cloître me feroit mal ;Mieux vaut sortir de la vieQue d’y traîner un joug fatal. »Cécile au couvent est menée ;On l’y reçoit à bras ouvert,Un peu d’or hâte la journéeQui doit en priver l’Univers.Alain sait tout. Cécile en larmesS’est concertée avec AlainEt l’amour prépare les armesPour combattre un père inhumain.

Le temple s’ouvre et la victimeS’avance, mais d’un pas tardif ;Alain la suit des yeux, l’anime,Et n’attend qu’un regard furtif.« Ma fille, dit alors le prêtre,Que venez-vous chercher ici ?Venez-vous à Dieu vous soumettre,Que demandez-vous ? — Un mari. »Au mot, malgré la présenceEt de Colmat et des parens,Ardent et fier, Alain s’élance,Cécile est dans ses bras tremblans.Puis, sans sortir de cet asile,L’un l’autre se donnant la main,« Dieu, reçois les vœux de Cécile.« Dieu, reçois le serment d’Alain. »Toutes les nonnes douairièresPrirent la fuite de dépit.Le prêtre changea de prières,Le père enfin y consentit.Les deux époux dès le soir mêmeDe ce beau jour........Goutèrent le bonheur suprêmeDans leur foyer, simple comme eux.

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