À Jacques

Chêne et Roseau

À JACQUES

Non, tes enfants ne me font point jalouse ;Non, vos baisers ne saignent pas mon cœur ;Ils sont ton sang, et d’une tendre épouseTu les reçus pour gage de bonheur !Aime-les bien, comble-les de caresses.Seule avec vous je voudrais partagerCes lieux déserts. Ah ! toutes vos tendressesMe calmeraient comme un zéphir léger.Jadis aussi, hélas ! moi je fus mère ;Il m’en souvient, je faisais rêves d’or !Mais mon enfant, dans un jour de colère,Dieu le reprit, et je le pleure encor !Longtemps je fus immobile et glacéePrès du berceau témoin de ma douleur.L’on me trouvait ridicule, insensée,Tout finissait : mes rêves, mon bonheur !

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