Le Mastroquet de Suresnes
Nouvelles Chansons du Chat noir
On en vit d’abord sept ou huit,Puis il en vint une enfilade ;Car il n’y a plus qu’la limonadeQui travaille au jour d’aujourd’hui.
Le soir, en lisant son journal,Le pèr’ dit au fils : « Animal,Y a bientôt plus d’vin dans l’tonneau,Faut y mettre un peu d’eau ! »
Le lendemain, d’un air plaintif.Un client dit : « J’ai la colique. »— « Mon bon, pour pas que ça s’complique,Prenez un p’tit apéritif ! »
Le soir, en lisant son journal.Le pèr’ dit au fils : « Animal,Le rhum est comm’ du jus d’pruneaux,Mets-y du tord-boyau. ! »
Le soir, en lisant son journal,Le pèr’ dit au fils : « Animal,En tirant la bièr’ de Munich,Mets-y donc d’l’arsenic. »
Le lend’main, l’patron, tranquill’ment,Avec son fils ouvrant l’échoppe,Trouva par terre un’ grand’ enveloppe :« Papa, de qui l’enterrement ? »
— « Ça, mon fils, dit le mastroquet,C’est un client qui vient d’claquer,Et ça nous porte un rude coup,Car il buvait beaucoup ! »
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