Le Clysopompe

Poèmes incongrus

LE CLYSOPOMPE

N’auriez-vous pu, madame, à mes regards cacherL’objet dont vous ornez votre chambre à coucher.Je suis observateur, et, si je ne me trompe,Le bijou dont je parle était un clysopompe !Jamais on n’avait vu pareil irrigateur !Orné d’un élégant tuyau jaculatoire,Vers le ciel il tendait sa canule d’ivoire.Spectacle sans égal pour l’œil d’un amateur !Sur la table de nuit dans l’ombre et le mystère,Sans doute il attendait votre prochain clystère…Mais qu’importe si j’ai d’un regard indiscretDe vos ablutions pénétré le secret !Ce qu’il faut vous conter, c’est que la nuit suivanteUn cauchemar affreux me remplit d’épouvante :J’ai rêvé… que j’étais clysopompe à mon tour,De vos soins assidus entouré nuit et jour.

Vous me plongiez soudain au fond d’une cuvette,Vous pressiez mon ressort d’une main inquiète,Sans vous douter, hélas ! que votre individuContre mes yeux n’était nullement défendu.Et moi je savourais l’horizon grandioseQue je devais, madame, à ma métamorphose.Si bien qu’en m’éveillant j’étais convaincuD’avoir toute la nuit contemplé votre.....

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