Petite Ville anglaise le dimanche
Sur l’antique fronton d’un antique bazarOn s’avise d’un nom Company Balthasar.Sur la glace des rues glissent des messieurs veufs,Les trottoirs rasés de la veille sont neufs.On regrette que les enfants ne soient pas blonds le dimancheOn les trempe dans la farine par la jambe ou par la manche,On en blesse certains dans la chevelureOn y mêle des doigts de piedJusque dans la figureLes mères sont pareilles à des tulipiersEt leurs demoiselles pareilles à des tulipes.Les vaisseaux pavoisés battent de l’aile au portJe n’ai plus de passion si ce n’est pour la pipe(Ce n’est pas vrai !)Auberge de ce jour où l’eau même s’endortTon spleen hyperboliqueMe rendrait alcoolique.Nul marin sur les mâts dont les croix sont des tigesAux dames escogriffes ne donne le vertige.Moi d’abord : triste échalasQui fais étalage de cet état-là,
Le ciel en cône, bocal, prison des anges !Ô mes rêves ! glissez au sommet des fleurettes.Châteaux décrits, écrits, arcs en ciel d’insectes,De ma tête dans l’herbe le regard oblique vous guette !Lambris, nombrils, verdureOù la terre met le nez dans sa fourrureTeints du sang du soleil c’est celui de mon cœur.Le frêle florentin de la carte postalePorte au cœur un tambour qui bat la généraleMais moi le receveur des impôts indirectsJ’ai la tête un dimanche au niveau des insectesLe soleil incendie ma nappe de chemiseCe matin j’ai prié trois heures à l’égliseEst-ce que je dors ou si je veilleIl y a un violon quelque partTrois arbres qui voudraient danser, la mer approche son oreilleMoi j’ai le ciel bleu pour miroir.C’est la cour de Marie qui le tient à deux mainsDes prophètes, des rois, des saints clairs et des angesLa méridienne, Greenwich et sous ton méridienDonnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien.
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