Au boulevard

La Flûte à Siebel

AU BOULEVARD

Ma femme de chambre épouse un cocher,Un cocher du roi, plus rustre encor qu’elle !— Je plains les chevaux. — Voulons-nous marcher ?— Comme tu voudras. — Cette femme est belle !— De qui parles-tu ? tu sembles souffrir ?…— Mais non, je suis gaie et je ris… oh ! commeCette femme est laide ! On dirait un homme !Dis-moi, cela fait-il mal, de mourir ?

— De mourir, oh non ! c’est doux comme un rêve :Quand on est très jeune et qu’on est très beau,On descend joyeux au fond du tombeau,La femme qui meurt et l’homme qui crève.— Viens, asseyons-nous sur ce banc de bois ;Parle-moi, dis-moi des mots en musique ;C’est vraiment gaga, dis, d’être phtisique ?Elle me parlait en baissant la voix.Mais que te prend-il ? réponds, bien aimée ?— Tu me promets de garder mon portrait ?Ah ! c’est vrai que la mort est parfumée !…— C’est à n’y pas croire, elle se mourait !

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