Mal

La Flûte à Siebel

MAL

Il fait froid, si froid que mes yeuxSont remplis de larmes gelées ;Ces souffrances coaguléesMe font un mal délicieux.j’ai beau frotter, à mes paupières,Ces glaçons de mon désespoir ;C’est chose curieuse à voir :Ils restent durs comme des pierres.

Ce mal étrange vient de vous,L’envolée à jamais, m’amie !De l’amour et des baisers fousIl ne reste qu’une ophtalmie !Une ophtalmie et le regretDes chères douceurs en allées,Des longs aveux dans les allées,Où tout avait l’air d’un secret !Mais il me plaît, ce mal, qui changeMa jeunesse en obscurité :Puisque je n’ai plus ta beauté,Le soleil qui luit me dérange.Chaque rayon qui vient encorFrapper ma vue à l’agonie,M’insulte comme une ironie,Et je veux changer de décor.

Givrez-vous de nuit, mes prunelles !L’Ange blanc s’est enfuie un soir.Glacez-vous, je ne veux plus voirQue des ombres sempiternelles !

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