À une Dame
A UNE DAME.
Au temps heureux que ma jeune ignoranceReceut l’enfant qui des dieux est le maistre,Vous, congnoissant qu’il ne faisoit que naistre,Voulustes bien le nourrir d’esperance ;Mais puis que vous et sa perseveranceL’avez faict grand plus qu’aultre oncq ne peult estre,En lieu d’espoir vous le laissez repaistreSeul à part luy de mon mal et souffrance,Ne pour essay que je face ou effortPossible m’est l’oster de sa demeure,Car plus que moy il est devenu fort ;Maulgré moy donc il fault qu’il y demeure ;Mais maulgré luy aussi ay ce confortQu’il sortira au moins, mais que je meure.
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