École buissonnière

L’Angelus des sentes

École Buissonnière

À Albert Perrin

Bercé par les bouleaux, j’ai dormi cette nuitLes cheveux dans les fleurs. Et je m’éveille au bruitQue font les fleurs en s’éveillant. Dans la hêtrée,La trompette des nids sonne une joie sacrée,Et ce matin m’est doux comme un baiser de toi.Les myrtils ploient leur front sous l’odorante loiD’une brise qui prit son rire aux chèvrefeuilles.Et je marche, les yeux fouettés de vertes feuilles,

Sous un dais de rayons et je ne pense à rien.Je bois, comme un vin frais, l’amour aérienQui de chaque brin d’herbe émerveillé s’élève.La candide forêt s’est parfumée de sève.Elle épand des éclairs sous mes pas buissonniersEt sa voix chante, avec la voix des chataîgniers,L’éternelle douceur d’adorer et de vivre.L’azur lave son front. Des tourterelles ivresSe querellent de joie dans les lambrusques d’or.Et le rameux sentier m’entr’ouvre un corridorQue constellent les yeux des jacinthes qui jasent ;Car toutes les clartés balbutient des extasesEt m’illuminent l’âme avec de tendres voix.Des lys me tendent leurs calices et je bois,Et m’attarde, enlacé de ramures aimantes,Aux rires d’une églogue blonde dans les menthes…

Comments

Loading comments…