Édition Louandre, 1910
Monsieur de Pourceaugnac
Tout est dans ce sujet folletDe comédie et de balletDigne de son rare génie,Qu’il tourne certe et qu’il manieComme il lui plaît incessamment.Avec un nouvel agrément,Comme il tourne aussi sa personne,Ce qui pas moins ne nous étonne,Selon les sujets comme il veut.Il joue autant bien qu’il se peutCe marquis de nouvelle fonte,Dont par hasard, à ce qu’on conte,L’original est à Paris :En colère autant que surprisDe s’y voir dépeint de la sorte,Il jure, il tempête, il s’emporte,Et veut faire ajourner l’auteurEn réparations d’honneur,Tant pour lui que pour sa famille,Laquelle en Pourceaugnacs fourmille…
Répands, charmante nuit, répands sur tous les yeuxDe tes pavots la douce violence ;Et ne laisse veiller en ces aimables lieuxQue les cœurs que l’amour soumet à sa puissance.Tes ombres et ton silence,Plus beaux que le plus beau jour,Offrent de doux moments à soupirer d’amour.
Que soupirer d’amourEst une douce chose,Quand rien à nos vœux ne s’oppose !À d’aimables penchants notre cœur nous dispose ;Mais on a des tyrans à qui l’on doit le jour.Que soupirer d’amourEst une douce chose,Quand rien à nos vœux ne s’oppose !
Tout ce qu’à nos vœux on opposeContre un parfait amour ne gagne jamais rien !
Et pour vaincre toute choseIl ne faut que s’aimer bien.
Aimons-nous donc d’une ardeur éternelleLes rigueurs des parents, la contrainte cruelle,L’absence, les travaux, la fortune rebelle,Ne font que redoubler une amitié fidèle.Aimons-nous donc d’une ardeur éternelle :Quand deux cœurs s’aiment bien,Tout le reste n’est rien.
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