Les poètes sont en paix
Midi, chez moi.Comme une table de marbre,Toute flamme et tout désir,Comme de l’or dans un arbre,Secoué par le plaisir,
Rions ! Si la poésieDoit renaître dans mon sang,C’est le ciel qui s’y alliePar ce sanglot déchirant.
6 heures.Le ciel et de pauvres maisonsS’ouvrent au fond de ma fenêtre.Divinités de la saison,Ce sont des figures de neige.
Or, tout s’est tu pour me tenter.— Ma voix n’est pas assez limpide.
Dieu vous a dit la vérité ;
Comme son poète est paisible !
Minuit, ailleurs.Oui, la Sagesse tientDans une de vos mains.
— Mais qu’allez-vous en faire ?
Je suis son colombier.Elle aime à se poserDans une vie sévère.— Philosophie, oiseauDes lauriers, tente l’eauMéditante, tranquille,Où l’âme est immobile, —— Comme un poète-enfantCaresse, en s’y berçant,Une ombre élyséenne..
Plumages pleins de jour !Visages de l’amour !Colombes léthéennes.
Sagesse, Poésie,Me quittez-vous encor ?
Plus graves que la vie,Plus pures que la mort…
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