La plume et le pin
Fables canadiennes — 02
LA PLUME ET LE PIN
Une plume légère, —Non pas la plume mensongèreDu journaliste besacierOu du poète romancier,Mais la plume d’une hirondelle,D’un étourneauOu d’un moineau,Je ne sais trop laquelle, —
Une plume, toujours, par le souffle du ventS’envolait emportée,Comme cela se voit souvent.Passant à la portéeD’un pin majestueux,Elle lui fit, d’un air présomptueux,Cette ridicule menace :— Pin, courbe-toi, sinon je t’écrase sur place !Ne me demande pas pourquoi,Mais regarde derrière moi.— Je vois en effet sur la plaine,Dit le pin dédaigneux, des arbres entassés,Mais, va ! ce n’est point toi, c’est le vent qui t’entraîneQui les a terrassés.
Plus d’un homme léger qu’un sot orgueil consumeCroit tout régenter de son fouet,Et, comme cette plume,N’est lui-même qu’un jouet.
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