Le Roman et le théâtre
Une mère ! à ce nom tout le cœur se dilate.Ce nom est à lui seul le plus doux aromateQui jamais parfuma la triste humanité ;Et le chant le plus doux et le mieux écouté,Tant que l’on pleurera dans ce monde éphémère,C’est la voix d’un enfant qui chantera sa mère.Inépuisable amour, dévoûment éternel,Le chef-d’œuvre de Dieu, c’est le cœur maternel.Avec la piété, la joie et la prudence,La mère sur nous veille, humaine providence ;Sa tendresse ombrageuse au milieu de la nuitS’agite à notre souffle et tremble au moindre bruit ;Sa sainte activité, toujours en exercice,Sans se lasser jamais, s’use à notre service.Des sentimens humains le temps toujours vainqueur,Le temps brise son corps sans toucher à son cœur.Jamais du dévoûment la source n’est tarie.Quand elle ne peut plus travailler, elle prie.En vain pour nous aider ses mains sont en défaut,Ses prières encor nous défendent là-haut.La prière est la clé mystérieuse et forteQui du trésor du ciel ouvre la sainte porte.Et qui mieux qu’une mère a l’accent et le vœu,La prière et l’amour pour arriver à Dieu ?
Ma sœur, femme bénie entre toutes les femmes,Toi qui de mes enfans gardes les jeunes âmes,Toi qu’ils nomment leur mère et qu’ils aiment ainsi,Dans quel langage humain te dirai-je merci ?À ton rôle sublime en esclave asservie,Le soin de mes enfans devient toute ta vie :Mérites ignorés, silencieux devoir,Sacrifices cachés que Dieu lui seul peut voir,Prévoyance infinie, héroïsme suprême,Et qui n’a rien d’égal que l’amour de Dieu même !
Ton passage ici-bas est providentiel :On ne peut te connaître et ne pas croire au ciel.Sœur, si notre maison de bonheur se couronne,Et si l’ange gardien de la paix l’environne,S’il y sème la foi, le calme et la douceur,À qui le devons-nous, si ce n’est à toi, sœur ?La route du devoir par toi nous est tracée ;Tous les purs dévoûmens germent dans ta pensée ;Tu montes vaillamment ces échelons de feuQui partent de la terre et qui vont jusqu’à Dieu.Ici, grands et petits, tout ce qui te contempleS’inspire à tes vertus, se forme à ton exemple ;Ta puissance est sacrée, et bénie est ta loi :L’amour de mes enfans me vient encor de toi !
Oui, conforme au portrait de la Lucrèce antique,Rudement occupée au labeur domestique,La mère de famille est plus belle cent foisQue Corinne, aux regards des peuples et des rois,Reine par le droit seul de sa grande parole,Sur un char de triomphe allant au Capitole !
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