La Fortune et Sylvain
Contes populaires
Louison, ma toute belleDonne, donne moi ta foi ;Promets de m’être fidèleOncque n’aimerai que toi.Ainsi parlait à sa blonde,Tout en lui serrant la main,Le jeune et bouillant Sylvain,Dont le cœur était plus pleinQue la bourse n’était ronde.La Fortune l’entenditEt rit.Petit sot, va ! se dit-elle,Tu trahiras tes serments !
Rien qu’à voir ton escarcelleJe m’aperçois que tu mens.
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Aussitôt la tracassièrePrend l’allure et le maintienD’une vieille douairièreRiche en laideur comme en bien :Beau Sylvain ! dit-elle ensuiteÀ l’amant de Louison,La beauté s’efface viteElle n’a qu’une saison ;Mais la richesse consoleDe la perte des appas,Et si la fraîcheur s’envoleLes écus ne volent pas.Je t’aime. Es-tu libre encoreDe disposer de ton cœur ?Eh quoi ?…. ton front se coloreD’une pudique rougeur ;Crois-tu qu’une châtelaineNe peut aimer un vilain ?….Bref, au bout de la semaineSylvain était châtelain.
Ce dénoûment semble étrange,Il ne l’est guère pourtant :En ce monde rien ne changePlus tôt le cœur que l’argent.
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