Fragments

Translated from Latin by Charles Héguin de Guerle

Satyricon

Pande, puella, pande capillulosFlavos, lucentes, ut aurum nitidum ;

Fulvoque nitet coma gratior auro.

Illa vel intactae segetis per summa volaretGramina, nec teneras cursu laesisset aristas.

Nunc quœ causa deum per magnas numina gentesPervolgarit, et ararum compleverit urbes ;. . . . . . . . .Unde etiam nunc est mortalibus insitus horror,Qui delubra deum nova toto suscitat orbiTerrarum. . . . . . . . .. . . . . . . . .Prœter eas cœli rationes, ordine certo,Et varia annorum cernebant tempora verti ;Nec poterant, quibus id fieret, cognoscere, causis ;Ergo perfugium sibi habebant omnia divisTradere, et illorum nutu facere omnia flecti.

Depressis scrobibus vitium regale ministerCredidit, idque diu texit fidissima tellus.Inspirata dehinc vento cantavit arundo.

Quadratasque procul turres quum cernimus urbis,Propterea fit uti videantur sœpe rotundœ,Angulus obtusus quia longe cernitur omnis ;Sive etiam potius non cernitur, ac perit ejusPlaga, nec ad nostras acies perlabitur ictus.

Nec catulus, partu quem reddidit ursa recenti,Sed male viva caro est ; lambendo mater in artusFingit ; et in formam, quantam capit ipsa, reducit.

Sic, sine concubitu, textis apis excita cerisFervet, et audaci milite castra replet.

Quod neque concubitu indulgent, nec corpora segnesIn Venerem solvunt, aut fœtus nixibus edunt

Navita de ventis, de tauris narrat arator,Enumerat miles vulnera, pastor oves.

. . . . . Longique perit labor irritus anni.

Nec distare putant humana carne suillam.

Sacra mari colitur medio gratissima tellusNereidum matri, et Neptuno Ægeo :Quam pius arcitenens, oras et littora circumErrantem, Gyaro celsa Myconoque revinxit,Immotamque coli dedit, et contemnere ventos.

In mare purpureum violentior effluit amnis.

Bel arbre, je viens effacerCes deux noms qu’une main trop chère,Sur ton écorce solitaire,Se plut elle-même à tracer.Ne parte plus d’Éléonore ;Rejette ces chiffres menteurs ;Le temps a désuni les cœursQue ton écorce unit encore.

Ipse ego cana legam tenera lanugine mala,Castaneasque nuces, mea quas Amaryllis amabat.Addam cerea pruna. . . . .

Ma mère enceinte, et ne sachant de quoi,S’adresse aux dieux ; là-dessus grand’bisbille.Apollon dit : C’est un fils, selon moi ;Et selon moi, dit Mars, c’est une fille ;Point, dit Junon, ce n’est fille ni fils.Hermaphrodite ensuite je naquis.Quant à mon sort, c’est, dit Mars, le naufrage ;Junon, le glaive ; Apollon, le gibet.Qu’arriva-t-il ? Un jour, sur le rivage,Je vois un arbre, et je grimpe au sommetMon pied se prend ; la tête en l’eau je tombe,Sur mon épée. Ainsi, trop malheureux,A l’onde, au glaive, au gibet je succombe,Fille et garçon, sans être l’un des deux.

Ma mère enceinte, un jour, vint consulter les dieux.Que dois-je mettre au jour ? — Un fils, dit Aphrodite,Phébus dit : une fille ; — et Junon : nul des deux. —Enfin, me voilà né. Que suis-je ? Hermaphrodite.Sur ma mort divisés, Pan me voue au gibet,Mars au glaive, Bacchus m’envoie à la rivière.Aucun ne faut. Un saule ornait une onde claire ;J’y grimpe. Sur ma brette, en glissant du sommet,Je tombe, nez dans l’eau, pieds en l’air, et rends l’âme,Percé, noyé, pendu, sans nul sexe, homme et femme.

Que dans la neige il se trouve du feu,Pas n’aurais cru que cela se pût faire ;Mais lorsqu’Iris, par manière de jeu,Hier m’en jeta, j’éprouvai le contraire.Par un effet qui n’est pas ordinaire,Mon cœur d’abord brûla du feu d’amour ;Or, si ce feu part du propre séjourOù le froid semble avoir élu sa place,Pour m’empêcher de brûler nuit et jour,N’usez, Iris, de neige ni de glace :Mais, comme moi, brûlez à votre tour.

Anne, par jeu, me jeta de la neige,Que je cuidois froide certainement :Mais c’étoit feu, l’expérience en ai-je,Car embrasé je fus soudainement.Puisque le feu loge secrètementDedans la neige, où trouverai-je placePour n’ardre point ? Anne, ta seule grâceEsteindre peult le feu que je sens bien,Non point par eau, par neige, ne par glace,Mais par sentir un feu pareil au mien.

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