De la sagesse — Livre I — Chapitre XLVI

***************************************************************************** CHAPITRE LII .

Magistrats.

SOMMAIRE. — Des quatre sortes de degrés et de magistratures, tant en honneur qu'en puissance.

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IL y a grande distinction et divers degrés de magistrats, tant en honneur qu’en puissance, qui sont les deux choses considerables pour les distinguer, et qui n’ont rien de commun ensemble ; et souvent ceux qui sont les plus honorez ont moins de puissance, comme conseillers du privé conseil, secretaires d’estat. Aucuns n’ont que l’un des deux : autres tous les deux ; et de tous divers degrés, mais sont proprement dicts magistrats qui ont tous les deux.

Les magistrats, qui sont mitoyens entre le souverain et les particuliers, en la presence de leur souve-souve- souve-rain n'ont point la puisance de commander . Comme les fleuves perdent leur nom et puissance à l’emboucheure de la mer, et les astres en la presence du soleil, ainsi toute la puissance des magistrats est tenue en souffrance en la presence du souverain : comme aussi la puissance des magistrats inferieurs et subalternes en la presence des superieurs. Entre egaux il n’y a point de puissance ou de superiorité ; mais les uns peuvent empescher les autres par opposition et prevention.

Tous magistrats jugent, condamnent et commandent, ou selon la loy, et lors leur sentence n’est qu’execution de la loy, ou selon l’equité, et tel jugement s’appelle le debvoir du magistrat.

Les magistrats ne peuvent changer ny corriger leurs jugemens, si le souverain ne le permet, sur peine de fauls : ils peuvent bien revoquer leurs mandemens, ou les soutenir ; mais ils ne peuvent revoquer ce qu’ils ont jugé et prononcé avec cognoissance de cause.

Du debvoir des magistrats, voyez liv. III.

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