Récit pour le ballet du château de Bicêtre
Toi, dont la course journalièreNous ôte le passé, nous promet l’avenir,
Soleil, père des temps comme de la lumière,Qui vois tout naître et tout finir,Depuis que tu fais tout paroître 5As-tu rien vu d’égal au château de Bissestre ?
Toutes ces pompeuses machinesQu’autrefois on flattoit de titres orgueilleux,Pourroient-elles garder auprès de ces ruinesLe nom d’ouvrages merveilleux ? 10Et toi, qui les faisois paroître,Qu’y voyois-tu d’égal au château de Bissestre ?
Ces tours qui semblent désolées,Et ces vieux monuments qu’on laisse à l’abandon,C’est ce qui fait périr le nom des Mausolées 15Et des palais d’Apollidon,Puisque tu les fis tous paroîtreSans y voir rien d’égal au château de Bissestre.
Cache-toi donc plus tard sous l’onde,Sur ce nouveau miracle arrête ton flambeau ; 20Et sans aller sitôt apprendre à l’autre mondeCe que le nôtre a de plus beau,Sois longtemps à faire paroîtreQue rien n’est comparable au château de Bissestre.
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